« Si tu me dis non, je me sépare! »
Pauline Marois a annoncé aujourd’hui qu’un gouvernement péquiste réclamerait que le gouvernement fédéral transfère au Québec tous les pouvoirs et budgets en matière de culture et communications (à lire ici). En cas de refus du gouvernement Harper, le PQ présenterait un projet d’amendement constitutionnel à l’Assemblée nationale. Jusqu’ici, la position du PQ est la même que celle de l’ADQ.
Les journalistes ont ensuite demandé à Mme Marois si elle tiendrait un référendum sur la souveraineté du Québec si Ottawa refusait de négocier après un vote sur un projet d’amendement constitutionnel à l’Assemblée nationale. Malheureusement, Mme Marois a répondu « il faudra prendre les moyens qu’il faut », laissant entendre qu’elle serait prête à tenir un référendum. Pourquoi est-ce un problème? Premièrement, ça laisse entendre qu’elle n’est pas de bonne foi. C’est une très mauvaise stratégie, elle aurait dû esquiver davantage la question. Deuxièmement, c’est un problème car ce n’est pas crédible. Personne ne va croire que le Québec voudrait se séparer pour 300 millions $. Pauline Marois aurait dû dire aux journalistes « nous sommes de bonne foi, reste à voir si Ottawa l’est » et insister là-dessus.
On doit toutefois se réjouir d’entendre parler d’amendement constitutionnel en campagne électorale. Même si le PQ et l’ADQ se retrouveront probablement dans l’opposition face à un gouvernement libéral majoritaire, rien ne les empêche de déposer un projet d’amendement constitutionnel à l’Assemblée nationale, forçant ainsi les libéraux à se prononcer.
La mesure proposée par le PQ est intéressante, mais il ne faut pas oublier que les négociations devraient se faire aussi avec les autres provinces. L’idéal serait que les provinces aient les mêmes revendications. Il faudrait se questionner sur le rôle du CRTC. Idéalement, le CRTC devrait conserver un rôle technique, i.e. réglementer le contenant et laisser le contenu (la culture) aux provinces.
Il ne faut pas oublier qu’une négociation se fait dans les deux sens et que le fédéral voudrait obtenir quelque chose en échange. On peut présumer qu’Ottawa demanderait une unique commission des valeurs mobilières au niveau fédéral. L’important est qu’on négocie point par point et qu’on ne tente pas d’adopter un « package deal » d’amendements constitutionnels à la Meech et Charlottetown. Un « package deal » sera toujours voué à l’échec, car il suffit qu’il y ait un point avec lequel un politicien soit en désaccord (ou l’absence d’un point demandé) pour qu’il vote contre. Les modifications constitutionnelles proposées devraient donc être votées séparément.