Archive for janvier, 2009

Federal Encroachment

par Steve | 30 janvier 2009 | Empiètement fédéral, Infrastructures

[Ontario Premier Dalton] McGuinty said there are fundamental problems with the Ontario economy and the government is part of the problem.

« Why do we put so many roadblocks in the way of businesses when it comes to growth? » he asked.

One roadblock is the need for both federal and provincial environmental assessments on infrastructure projects. McGuinty said he expects the federal government will agree to have just one.

Source: CBC News

This is a very good example of what is wrong with Canada and why this blog has been created. When the federal government invests on provincial and municipal infrastructures, it imposes its conditions to the provinces. The federal government usually does its own environmental assessments on top of those done by the provinces (sometimes municipalities do one as well, which can lead to 3 environmental assessments for the same project!). The federal government also usually requires provinces and municipalities to pay their “share”. This can double or triple the bureaucracy and once they finally agree to start a project, sometimes the money simply isn’t there, especially in this era of minority governments.

The latest example of this is the Quartier des spectacles in Montreal, where the federal and provincial government agreed to invest with the city. Work has started, but Montreal hasn’t received a single dollar from Quebec City and Ottawa. The city didn’t want to delay the project forever, so it pays for the work being done now.

Tuesday’s federal budget demonstrates the problem of federal intrusion as well. In the stimulus package, they plan to spend in the next two years $6.4 billion in provincial, territorial and municipal infrastructure, versus $716 million in federal infrastructure projects and $515 million in First Nations infrastructure. They also plan to spend $2 billion in improving infrastructure at universities and colleges, which is a provincial responsibility (source). Why do I have the impression that they are neglecting federal responsibilities in order to intrude as much as possible in provincial matters? Take for example the Champlain Bridge in Montreal, a federal bridge. They plan to invest $212 million within 10 years to renew it. This sounds as a joke, since we all know it will have to be replaced soon. But the feds have no vision; they just want to intrude in provincial jurisdictions to buy votes.

The distribution of legislative powers in the Constitution should be renegotiated to prohibit co-financing of projects between different levels of government (one project should mean one level of government responsible). In the meantime, the federal government should transfer the money to the provinces without condition.

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Les peureux constitutionnels

par Steve | 29 janvier 2009 | Stephen Harper

Stephen Harper a tellement peur de parler de Constitution qu’il essaie de faire ses réformes par la porte d’en arrière (i.e. autrement qu’en tentant de s’entendre avec les provinces afin de modifier la Constitution). D’abord, il a déposé un projet de loi visant à réformer le Sénat. Certaines provinces ont mentionné qu’elles contesteraient une telle loi devant les tribunaux advenant son adoption. Le mois dernier, Harper a finalement renoncé à ses principes avec la nomination de 18 sénateurs pendant que le Parlement était prorogé afin d’éviter de perdre un vote de confiance. Le geste a été dénoncé par des experts constitutionnels (lire ici).

Maintenant, dans le budget de mardi dernier, on note que le gouvernement fédéral ira de l’avant avec la création d’une commission nationale sur les valeurs mobilières, sans l’accord des provinces. La participation des provinces sera facultative. J’ai déjà traité de cette question dans un billet précédent. Bien qu’une uniformisation des règles soit souhaitable, il s’agit quand même d’une compétence provinciale. Le fédéral ne peut pas prétendre respecter cette juridiction provinciale sous prétexte que la participation des provinces est facultative. Ça reste une intrusion. Encore une fois, Harper tente de faire une réforme par la porte d’en arrière.

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« Le Parlement est roi! »

par Steve | | Monarchie, Régime parlementaire

Des experts constitutionnels ont récemment signé une lettre expliquant la légalité d’un gouvernement de coalition (lire ici). De plus, le Centre d’études constitutionnelles de l’Université de l’Alberta a publié un document de travail évaluant la décision de la gouverneure générale de proroger le Parlement en décembre 2008 (lire ici, en anglais).

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L’ex-conjointe de fait qui réclame une pension alimentaire pour elle-même

par Steve | 28 janvier 2009 | Cour suprême du Canada

Les médias québécois ont beaucoup parlé de la cause de l’ex-conjointe de fait d’un riche homme d’affaires montréalais qui réclame une pension alimentaire pour elle-même. Le jugement qui statue sur la pension alimentaire pour les enfants est disponible ici. L’article 815.4 du Code de procédure civile, qui vise les procédures en matières familiales, m’interdit de publier et diffuser toute information permettant d’identifier une partie à l’instance.

Au Québec, la loi ne permet pas aux conjoints de fait de demander une pension alimentaire pour eux-mêmes. Dans les autres provinces, c’est possible en général après avoir cohabité (1) de façon continue depuis au moins 3 ans ou (2) dans une relation d’une certaine permanence si les conjoints sont les parents d’un enfant (les règles varient d’une province à l’autre).

Dans la cause qui nous intéresse ici, l’ex-conjointe de fait tente de démontrer que certains articles du Code civil du Québec violent le paragraphe 15(1) de la Charte canadienne des droits et libertés étant donné qu’ils excluent du bénéfice de la loi les conjoints de fait. Il est question notamment des articles traitant de l’obligation alimentaire entre les époux, du patrimoine familial, du régime matrimonial légal de la société d’acquêts et du droit de demander une prestation compensatoire (source).

Je tiens à spécifier que malgré le fait que ce blogue milite en faveur d’une réforme constitutionnelle, il ne vise en aucun cas la Charte canadienne des droits et libertés. Pour ceux qui seraient tentés de critiquer la Charte, sachez qu’après une lecture rapide de la jurisprudence, j’ai l’impression que les chances de Madame sont faibles.

Dans l’arrêt Miron c. Trudel, [1995] 2 R.C.S. 418, il était question d’une police d’assurance-automobile type établie sous le régime d’une loi provinciale qui étendait les indemnités aux conjoints mariés seulement (excluant les conjoints de fait). La Cour suprême a reconnu que l’état civil pouvait constituer un motif de discrimination selon le par. 15(1) de la Charte. La couverture d’assurance a été étendu aux conjoints de fait et plusieurs lois fédérales et provinciales furent amendées en ce sens. Notez qu’il n’était aucunement question des obligations juridiques ENTRE les conjoints dans cette cause.

Dans l’arrêt Nouvelle-Écosse (Procureur général) c. Walsh, [2002] 4 R.C.S. 325, une ex-conjointe de fait prétendait que la Matrimonial Property Act de la Nouvelle Écosse (« MPA ») violait le par. 15(1) de la Charte parce qu’elle ne lui permettait pas de bénéficier de la présomption de partage égal des biens matrimoniaux applicable aux conjoints mariés. La Cour suprême a conclu que la MPA n’est pas discriminatoire au sens du par. 15(1) de la Charte :

En somme, l’application de la MPA aux personnes mariées seulement n’est pas discriminatoire en l’espèce car cette distinction reflète les différences entre ces unions et respecte l’autonomie et la dignité fondamentales de la personne. Dans ce contexte, on ne peut soutenir qu’il y a atteinte à la dignité des conjoints de fait. Il n’y a pas négation d’un bénéfice en raison d’un stéréotype ou de caractéristiques présumées perpétuant l’idée que les couples non mariés sont moins dignes d’être respectés et valorisés en tant que membres de la société canadienne. Tous les couples sont réputés libres de faire des choix fondamentaux dans leur vie. L’objectif du par. 15(1) est respecté. De plus, le caractère discriminatoire de la distinction créée par la loi doit s’apprécier en regard des valeurs de la Charte. L’une de ces valeurs fondamentales est la liberté, définie essentiellement comme l’absence de coercition et la faculté de chacun de faire des choix fondamentaux concernant sa vie. L’imposition par la Cour de restrictions limitant cette liberté de choix chez les personnes vivant en union conjugale irait à l’encontre de notre conception de la liberté.

Le fait qu’un(e) ex-conjoint(e) de fait puisse obtenir une pension alimentaire pour lui-même ou elle-même en Nouvelle-Écosse est un facteur qui a milité en faveur de cette décision. Cependant, ce n’était pas le seul facteur et on peut penser qu’étant donné qu’il y a davantage d’unions libres au Québec qu’ailleurs au pays, le tribunal en tiendra compte. Le tribunal devrait se demander en l’espèce si un partenaire hétérosexuel non marié raisonnable estimerait, compte tenu de tous les facteurs contextuels pertinents, que les articles du Code civil du Québec dont il est question portent atteinte à sa dignité en ne l’incluant pas dans son champ d’application. Tout comme dans Nouvelle-Écosse c. Walsh, les conjoints de faits peuvent avoir les mêmes avantages que les conjoints mariés en passant chez le notaire. De plus, il est possible de poursuivre un ex-conjoint de fait pour enrichissement injustifié. J’estime donc qu’il est peu probable que Madame ait gain de cause.

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