« Gouvernance souverainiste »
Pendant que les adéquistes débattent de leur modèle confédéral, Pauline Marois travaille sur un nouveau modèle de gouvernance :
Le «grand soir» de l’indépendance du Québec ne surviendra pas dans un avenir prévisible. En lieu et place, Pauline Marois proposera mi-juin sa «gouvernance souverainiste».
Un gouvernement péquiste revendiquera d’être seul maître d’une série de compétences pour lesquelles le Québec partage actuellement le terrain avec Ottawa.
Pour illustrer les changements qui surviendraient au lendemain de l’élection du PQ, Mme Marois promettra que les Québécois «récupèrent tous leurs impôts». Il s’agit d’un morceau important du programme péquiste, qui définit l’indépendance comme les pleins pouvoirs sur «les impôts, les lois et les traités».
Pauline Marois devra nous expliquer ce qu’elle veut dire par « récupèrent tous leurs impôts ». En attendant, je ne peux pas faire autrement qu’approuver l’idée générale que le Québec (en espérant que les autres provinces emboîtent le pas) devienne seul responsable d’une série de compétences actuellement partagées avec le fédéral. Le PQ est carrément en train de couper l’herbe sous le pied de l’ADQ. Les adéquistes devront se réveiller et vite.
Ceci dit, qu’on soit pour une modèle confédéral ou une gouvernance souverainiste, il ne faut pas perdre de vue la réalité. On doit aussi expliquer comment on va réaliser ces changements dans le contexte constitutionnel actuel. Personnellement, je ne crois pas qu’on puisse faire adopter un grand accord constitutionnel comme Meech et Charlottetown. On aurait plutôt avantage à présenter plusieurs petits projets de modification constitutionnelle. Ainsi, on pourrait profiter de la formule du fédéral + 2/3 des provinces représentant 50 % de la population pour les modifications qui ne requièrent pas l’unanimité. On ne réussirait pas à tout faire passer, mais petit à petit la population s’habituerait aux modifications constitutionnelles et on en ferait passer de plus en plus.