ADQ : Positionnement idéologique
Beaucoup de réactions sur la blogosphère suite à la publication de la lettre de Sébastien Proulx et de la réponse d’Éric Duhaime. Le blogue Montréalais d’origine a recensé la plupart des billets publiés à ce sujet sur différents blogues adéquistes et/ou de droite.
Je ne me prononcerai pas ici à ce sujet, autrement que pour dire que ce débat doit avoir lieu. Mon blogue n’a pas comme objectif de traiter des questions touchant au spectre gauche-droite. Le blogue que vous lisez présentement est le seul blogue non-souverainiste qui traite de constitution et de gouvernance. Bien que je considère ces questions comme étant d’une grande importance, je ne vois pas d’un mauvais œil le fait qu’on s’éloigne de plus en plus du traditionnel axe fédéraliste-souverainiste au profit de l’axe gauche-droite. D’abord, parce que l’axe fédéraliste-souverainiste ne nous a pas fait avancer depuis 1995. Ensuite, parce qu’il faut aussi débattre des autres enjeux de société.
Cependant, je considère que tout politicien québécois, au-delà de toute étiquette, doit répondre clairement à une question fondamentale : voulez-vous que le Québec devienne un pays, oui ou non? Jusqu’à maintenant, je sais qu’Éric Caire, Gilles Taillon et Jean-François Plante répondent non. Je n’ai aucune idée de la réponse de Christian Lévesque à cette question.
Les sujets dont je traite sur mon blogue sont concrets, réels et compliqués. Je ne suis pas intéressé par les questions symboliques comme le nationalisme, l’obsession identitaire, les fausses craintes linguistiques et autres complexes du genre. Je ne fais que constater les problèmes de gouvernance au Canada, à tous les niveaux. Parfois, je propose des solutions. Les problèmes constitutionnels entre le fédéral et les provinces ne se régleront pas du jour au lendemain. Ces problèmes ne sont pas uniquement l’affaire du Québec. Le Québec ne peut évidemment pas les régler à lui seul. Il est donc normal qu’on se concentre d’abord sur les questions qui relèvent uniquement de l’Assemblée nationale.
À ce sujet, les problèmes de gouvernance locale abordés sur le présent blogue relèvent uniquement des législatures provinciales. Jusqu’à présent, le seul candidat à la direction de l’ADQ qui a abordé ces questions (à ma connaissance) est Jean-François Plante. Il faut dire que M. Plante est un ancien conseillé municipal à Montréal.
Finalement, l’écœurement constitutionnel ne devrait pas faire en sorte qu’on perde de vue complètement les questions constitutionnelles. Il faut plutôt prendre conscience des vrais problèmes constitutionnels et mettre de côté les questions symboliques et émotives.
Bonjour,
ce n’est pas compliqué, pour Christian Lévesque que j’ai eu l’occasion de rencontrer à Montréal, la question nationale ne devrait pas être la préoccupation du moment au Québec. Il l’a dit à plusieurs reprises, les Québécois doivent se prendre en main et s’occuper de construire le Québec avec les outils dont ils disposent. Il faut arrêter de parler du Canada (qui est à peu près 3% de l’économie mondiale) et s’ouvrir à la planète.
Les Québécois ne veulent plus entendre parler de souveraineté, ils l’ont dit de toutes les façons possibles dans tous les sondages imaginables. Christian Lévesque est à l’écoute de la population et se propose de parler d’autres choses que le débat national qui paralyse le Québec depuis 30 ans. Donc EXIT fédéralisme, référendums, référendums sectoriels, plan pour un Québec souverain… etc.
C’est pour cela que vous dites que vous n’avez pas entendu la position de Christian Lévesque, pour une fois qu’un homme politique se propose de parler d’autre chose de plus constructif, est-ce qu’on ne pourrait pas le lui en féliciter plutôt que de lui reprocher ?
01 juil 2009 @ 8:58
Bonjour M. Lecompte,
Merci pour votre commentaire. Vous résumez très bien la non-position de Christian Lévesque sur cette question. Si M. Lévesque veut effectivement parler d’autre chose de plus constructif, pourquoi est-il incapable de dire qu’il veut que le Québec reste à l’intérieur du Canada? Pourquoi éviter la question et semer le doute?
Qu’on ne veuille pas porter les étiquettes « fédéraliste » et « souverainiste », je peux comprendre. Mais un moment donné, il faut être capable de nommer les choses. Je vous conseille d’aller écouter l’entrevue de Joanne Marcotte à ce sujet :
http://www.radioego.com/ego/listen/2658
La meilleure façon d’arrêter de parler de la question nationale, c’est d’y répondre clairement.
Alors, je pose à nouveau la question à Christian Lévesque : Voulez-vous que le Québec devienne un pays? Oui ou non?
Cordialement,
Steve
01 juil 2009 @ 11:30
Il est quand même curieux de voir que vous exigez de cataloguer les candidats selon les carcans des vieux partis alors que dans la réalité nous tentons de nous en dissocier.
L’ADQ est un parti autonomiste, en regard de ce concept, l’indépendance serait probablement la solution ultime dans un échec dans l’acquisition de notre autonomie. Mais présentement les deux vieux partis se sont cantonné dans un camp se coupant ainsi toute force de négociation avec Ottawa… Les libéraux diront toujours non à l’indépendance du Québec et ce même quand nos droits sont bafoués… les péquistes n’auront jamais l’écoute d’Ottawa étant de mauvaise foi considérant que même si ils obtenaient plusieurs gains pour le Québec, ils voudront toujours se séparer….
De grace ne baser pas votre réflexion sur un oui ou un non.. moi lors du conseil général j’ai entendu Gilles Taillon parler d’autonomie… pas de fédéralisme ou de souvraineté… et c’est ainsi que je veux mon prochain chef.. en ce sens, CHristian Lévesque aussi fait bien d’évacuer cette question de son discours
02 juil 2009 @ 6:03
@ Milestrone
Je ne veux pas cataloguer les candidats, je veux qu’ils soient capables de nommer les choses. Que vous vous réserviez le droit de changer d’idée quant à l’indépendance à long terme, si les circonstances changent et le justifient, je n’ai aucun problème avec ça. Par contre, je veux savoir où vous campez maintenant.
Je crois que vous faites l’erreur (comme beaucoup d’adéquistes) de voir le débat constitutionnel comme étant un combat Québec vs Ottawa. Or, il y a neuf autres provinces qui ont leur mot à dire. Le Québec doit créer des alliances avec d’autres provinces s’il veut être capable de négocier sérieusement avec le fédéral.
Quant à Christian Lévesque, il devrait plutôt évacuer les phrases creuses du genre « je veux que le Québec prenne sa place dans le monde » et expliquer ce qu’il veut faire concrètement.
02 juil 2009 @ 10:27
Voila où je ne suis pas d’accord avec vous.. le Québec est une province différentes des 9 autres.. bien que des alliances puissent être un outil dans certaines demandes, plusieurs ne le nécessite pas tel que l’application de nos lois dans nos institutions.
Le Québec est une nation, et clairement une société distincte… chaque province à des points à réclamer… Par exemples les maritimes pourraient vouloir des choses de Ottawa qui ne vont pas dans l’intérêt du QUébec.. je voie mal ici votre alliance avec le ROC…
L’autonomie est un objectif, la souvraineté est un moyen extrême d’atteindre cette autonomie, mais pas le seul! Évacuons cette question du débat, il y a beaucoup plus à régler que la question d’un oui un d’un nom à une éventuelle question.
Regardez présentement aller Jean Charest en Europe, il travaille a placer le Québec dans le monde.. rien n’est complet.. mais je doute fort que sont opinion fédéraliste lui serve dans les négociations avec les Europeens.
02 juil 2009 @ 12:15
@ Minestrone
Je n’ai jamais dit que le Québec est une province comme les autres. Évidemment que les Québécois forment une nation et que le Québec forme clairement une société distincte. Mais une fois qu’on a dit ça, on n’a rien réglé!
Il faut arrêter de voir le ROC comme un bloc uniforme. Si vous voyez le débat constitutionnel comme un combat Québec vs ROC, c’est encore pire que de le voir ça comme un affrontement Québec vs Ottawa.
Même l’Ontario a des problèmes avec le fédéral. À un point tel que le gouvernement de cette province a mis en ligne un site Web dans lequel il explique que le Ontarien(ne)s sont traités inéquitablement par le fédéral :
http://www.fairness.ca
Il faut aussi comprendre la procédure de modification de la Constitution du Canada. Elle implique nécessairement qu’on travaille avec les autres provinces.
Quant à Jean Charest en Europe, il n’accomplira pas grand chose. Voir la citation dans ce billet :
http://www.fruitmur.ca/2009/05/06/libre-echange-canada-ue-oubliez-ca/
02 juil 2009 @ 12:53
Remarquez bien Steve, que je n’ai nul part parlé d’ouvrir la constitution.. je dis juste que de s’enfermer dans un carcan constitutionnel n’a rien d’avantageux pour le Québec.
Le combat se mènera face à gouvernement d’Ottawa, dans certain cas en alliance avec quelques provinces, mais dans plusieurs cas seul… et c’est dans ce cas que le carcan consitutionnel nous limitera.
Combien de fois avons-nous vu le front commun des provinces s’effondrer devant Ottawa ne pouvant pas trouver de concenssus…
Non plus j’y pense, plus j’en parle et plus je demeure convaincu que la position constitutionnel de Christian Lévesque est tout aussi défendable que celle des 3 autres principaux candidats…
Dommage la politique est ainsi faites.. nous ne pouvons pas toujours être en accord.
02 juil 2009 @ 13:07
Je ne suis pas un partisan des ententes administratives, parce qu’un gouvernement fédéral subséquent peut très bien les modifier ou les abroger unilatéralement.
Je vous invite à parcourir le reste de mon site Web. Je ne m’attends évidemment pas à ce que tout le monde soit d’accord, mais j’espère bien susciter la réflexion dans les rangs adéquistes. La présente course à la direction est un moment crucial pour l’ADQ et il doit y avoir des débats d’idées, et ce, à tous les niveaux.
02 juil 2009 @ 13:16
Parfaitement d’accord avec vous, avant même l’élection je souhaitais le départ de Mario Dumont croyant fermement que seul son départ pourrait mettre en valeur d’autres gens de ce parti…
Les idées émergent des discussions.. espérons que nous venons ensemble d’en inspirer quelques unes!
02 juil 2009 @ 13:20