Christian Lévesque, un « fédéraliste conditionnel »
Lu dans Le Devoir :
S’il devient un jour premier ministre du Québec, le candidat à la direction de l’Action démocratique du Québec Christian Lévesque pourrait recourir à un référendum sur la souveraineté si les négociations avec Ottawa achoppaient.
Lu dans un article de la Presse Canadienne sur le site de LCN, qui résume l’article du Devoir :
M. Lévesque déclare que le Québec ne doit fermer aucune option pour garder son pouvoir face au fédéral.
Christian Lévesque se qualifie d’autonomiste. Il donne un appui «conditionnel» au régime fédéral.
Il soutient que, pour le moment, le cadre fédéral convient, si on peut limiter le pouvoir fédéral de dépenser et accroître le rôle du Québec au sein des institutions internationales.
Je n’ai aucun problème à ce que les gens se réserve le droit de changer d’idée quant à la souveraineté du Québec si les circonstances changent, mais de menacer d’utiliser l’option référendaire en cas d’échec des négociations avec le reste du pays à ce stade-ci est une très mauvaise idée. Christian Lévesque vient de perdre toute crédibilité pour négocier avec le reste du Canada, parce qu’on peut maintenant douter de sa bonne foi (comme dans le cas du PQ).
Lorsque j’ai conclu il y a une semaine que Christian Lévesque est fédéraliste, je ne m’attendais évidemment pas à ce qu’il fasse une girouette de lui-même et brandisse la menace référendaire. Depuis qu’il s’est lancé dans la course à la direction de l’ADQ, il n’a pas cessé de répété que les Québécois ne veulent pas entendre parler de référendum. Je suis donc obligé aujourd’hui de corriger mon affirmation de la semaine dernière et de préciser qu’il est un fédéraliste « conditionnel ».
On peut lire dans le programme de Christian Lévesque présenté vendredi :
Je vous propose de sortir du carcan constitutionnel. Je suis autonomiste, comme les Québécois, et j’en suis fier. Et qu’est-ce qu’un autonomiste? C’est quelqu’un qui va toujours maintenir les intérêts du Québec dans un rapport de force qui lui est favorable. Pour le moment, le cadre fédéral nous convient bien, si je peux :
1. atteindre l’objectif de limiter le pouvoir fédéral de dépenser dans les secteurs stratégiques que sont la santé, l’éducation et les infrastructures;
2. accroître le rôle du Québec dans les institutions internationales;
3. développer une meilleure concertation entre les provinces et le fédéral.
Un fédéraliste est quelqu’un qui ne remettra jamais en question le régime fédéral. Pas moi. Un souverainiste est quelqu’un qui ne sera jamais satisfait du régime fédéral. Ce ne sera pas mon cas non plus.
Il propose de sortir du carcan constitutionnel en brandissant la menace référendaire! C’est quand même incroyable! La méthode du « si tu ne me donnes pas ce que je veux, je me sépare » n’a pas fonctionné dans le passé, pourquoi elle fonctionnerait maintenant?
Notons que Christian Lévesque veut limiter le pouvoir fédéral de dépenser, ce qui répond à la question que je posais dans mon dernier billet à ce sujet. Tous les candidats à la direction de l’ADQ veulent s’attaquer au pouvoir fédéral de dépenser. Le débat devrait donc porter sur comment ils comptent s’y prendre.
Lévesque a cependant insisté lors du Débat de la CDJ sur le peu de pertinence du débat constitutionel pour l’instant.
13 sept 2009 @ 12:32
La méthode du « si tu ne me donnes pas ce que je veux, je me sépare » n’a pas fonctionné dans le passé, pourquoi elle fonctionnerait maintenant?
Parce que cette méthode n’a JAMAIS été essayé… le PQ à toujours dis.. Même si tu me donnes ce que je veux, moi je veux me séparer… là est la nuance entre Lévesque et le PQ…
Le PQ veut la souvraineté d’abord, Lévesque veut l’autonomie je voie une grande différence
14 sept 2009 @ 10:41
« Parce que cette méthode n’a JAMAIS été essayé… »
Robert Bourassa l’a essayé…
14 sept 2009 @ 13:12
Et vous le pensiez crédible ?… Robert Bourassa était avec les fédéraliste de l’Ouest de Montréal, Alors permettez moi de douter qu’il n’a jamais eu l’intention de le faire… d’ailleurs, j’aimerais qu’on se souvienne de l’histoire de l’ADQ… QUand M. Allaire et Dumont on quitté c’était pour appuyer le Oui au référendum, par la suite on a demandé un Moratoire sur la tenue d’un référendum et pas de refuser à tout prix d’en tenir un… En ce sens la position de Christian Lévesque va directement dans le sens des fondements même de l’ADQ
14 sept 2009 @ 14:32