Archive for octobre, 2009

Loi 104 : Inconstitutionnelle pour manque de nuance

by Steve | 22 octobre 2009 | Cour suprême du Canada

La loi 104 fut adoptée sous le gouvernement péquiste de Bernard Landry en 2002 pour empêcher que des parents envoyant leur enfant à une école privée non-subventionnée (EPNS) anglaise pendant un an puisse ensuite obtenir le droit d’envoyer leurs enfants à l’école publique anglaise. Cette loi a ajouté un 2e et un 3e alinéas à l’article 73 de la Charte de la langue française (CLF) :

Il n’est toutefois pas tenu compte de l’enseignement en anglais reçu au Québec dans un établissement d’enseignement privé non agréé aux fins de subventions par l’enfant pour qui la demande est faite ou par l’un de ses frères et soeurs. Il en est de même de l’enseignement en anglais reçu au Québec dans un tel établissement, après le 1 er octobre 2002, par le père ou la mère de l’enfant.

Il n’est pas tenu compte non plus de l’enseignement en anglais reçu en application d’une autorisation particulière accordée en vertu des articles 81, 85 ou 85.1.

Ces deux alinéas viennent d’être déclarés inconstitutionnels par la Cour suprême du Canada. Déjà, le PQ monte aux barricades. Selon Pauline Marois, « la Cour suprême, cour nommée par une autre nation, vient charcuter encore une fois un instrument fondamental pour la nation québécoise ». Qu’en est-il vraiment?

Voici un extrait du résumé du jugement :

Le refus de prendre en compte le parcours d’un enfant dans une EPNS, imposé par l’al. 2 de l’art. 73 CLF, est total et sans nuance, et paraît excessif par rapport à la gravité du problème de l’accès quasi automatique aux écoles de la minorité linguistique par l’intermédiaire d’écoles passerelles.  Toutefois, lorsque des écoles sont établies principalement dans le but d’aménager le transfert d’élèves non admissibles au réseau anglophone financé par les fonds publics et que leur enseignement sert, en effet, à réaliser ce transfert, on ne saurait affirmer que l’on se retrouve devant un parcours scolaire authentique.  Encore faut‑il examiner la situation de chaque institution, ainsi que la nature et le comportement de sa clientèle.  Un court passage dans une école de la minorité ne témoigne pas d’un engagement réel et ne peut suffire, à lui seul, à obtenir le statut d’ayant droit visé à la Charte canadienne.  Cette approche permet d’éviter un retour au principe du libre choix de la langue de l’enseignement au Québec, est moins attentatoire aux droits garantis et davantage conciliable avec l’approche concrète et contextuelle que recommande l’arrêt Solski.

Quant à l’al. 3 de l’art. 73 CLF, il ne respecte pas le principe de la préservation de l’unité des groupes familiaux que reconnaît le par. 23(2) de la Charte canadienne, puisqu’il empêche totalement le regroupement des enfants d’une famille dans un même système scolaire.  Le mécanisme des autorisations spéciales relève du gouvernement du Québec.  Celui‑ci peut accorder des autorisations qui excèdent le cadre de ses obligations constitutionnelles, mais il ne peut, ce faisant, nier les droits qui découlent de ces autorisations et qui sont garantis par la Charte canadienne.

La déclaration d’invalidité des al. 2 et 3 de l’art. 73 CLF prononcée par la Cour d’appel est confirmée, mais ses effets sont suspendus pour une période d’un an.

Bref, la Cour suprême reconnaît que l’objectif législatif derrière la loi 104 est valide, mais que ces alinéas ne permettent pas de prendre en compte des situations où on est face à un parcours scolaire authentique. La Cour déclare donc ces alinéas invalides, mais suspend les effets de cette décision pendant un an, ce qui donne amplement de temps à l’Assemblée nationale d’adopté un nouveau projet de loi plus nuancé. On est loin de charcuter un instrument fondamental pour la nation québécoise…

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La fin de l’ADQ

by Steve | 18 octobre 2009 | ADQ

13 660 membres. Un taux de participation de 28.64 % (­­­3912 membres). La nécessité d’un deuxième tour. Une victoire avec 50.03 % des voix (1957 membres, représentant 14.33 % des membres du parti). Une majorité de 2 voix. Un système de votation téléphonique avec un numéro 1-900, inaccessible pour certains. L’absence d’un processus d’appel. La confiance des trois candidats envers les instances du parti.

Voici l’Action démocratique du Québec / Équipe Gilles Taillon.

Aux 9748 membres déçus et à ceux qui ont cru en Éric Caire : il est temps de quitter le navire avant de couler avec. Il reste trois ans pour former et bâtir un nouveau parti politique.

Mise à jour : 19 octobre 2009 @ 0:45 (chiffres : Le Devoir)

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Le nouveau Colisée : parfait exemple du problème constitutionnel canadien

by Steve | 17 octobre 2009 | Autonomie, Villes

Le maire de Québec, Régis Labeaume, demande aux gouvernements fédéral et provincial un investissement de 175 millions $ chacun pour le nouveau Colisée dans le cadre des programmes d’infrastructures. La ville de Québec, pour sa part, investirait 50 millions $. Le vrai problème constitutionnel au Canada, il est là. Il n’est certainement pas relié aux vieilles histoires encore une fois dépoussiérées dans le chapitre sur la réconciliation nationale du dernier rapport Allaire (à ce sujet, je suis d’accord avec le texte de Benoît Pelletier publié dans Le Devoir). La vraie question est : pourquoi faut-il toujours trois paliers de gouvernement pour changer une ampoule?

On ne peut pas blâmer le maire Labeaume de tenter d’aller chercher « sa part » des paliers supérieurs. C’est ainsi que le Canada et le Québec fonctionnent. Il faut constamment se battre pour aller chercher « sa part » à tous les niveaux.

Je suis en train de lire le livre Fearful Symmetry: The Fall and Rise of Canada’s Founding Values de Brian Lee Crowley. Ce livre démontre brillamment comment la dynamique séparatisme/baby boomers depuis les années 1960 a fait en sorte que les gouvernements fédéral et provinciaux se sont fait compétition pour créer des emplois dans la fonction publique et offrir des programmes sociaux plus généreux. Selon l’auteur, le Canada est passé d’une nation de « makers » (avant la révolution tranquille au Québec) à une nation de « takers ». Je reviendrai sur ce livre lorsque je l’aurai terminé, mais de ce que j’ai lu, ce livre est un incontournable pour tout politicien canadien sérieux. Il vaudrait mieux lire ce livre avant de brandir la menace référendaire.

Avec des paliers de gouvernement financièrement autonomes et une Constitution qui élimine au maximum les dédoublements, Régis Labeaume n’aurait pas besoin de quêter. Il peut bien dire qu’il ne quête pas et qu’il fait des affaires, ce n’est que de la rhétorique pour vendre son idée. Les politiciens municipaux sont obligés de quêter auprès des paliers supérieurs au Canada.

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« Qu’est-ce que vous allez faire si vous vous faites dire non? »

by Steve | 6 octobre 2009 | ADQ

Imaginez que vous négociez un contrat important et qu’on vous demandait publiquement « qu’est-ce que vous allez faire si vous vous faites dire non? ». Allez-vous répondre à cette question et étaler votre stratégie sur la place publique? Évidemment que non! C’est tellement évident, mais pourtant…

Je viens de regarder le débat de la course à la direction de l’ADQ à Dumont 360. J’ai entendu de la bouche d’au moins un candidat « qu’est-ce que vous allez faire si Ottawa vous dit non? ». Demandez à Claudette Carbonneau qu’est-ce qu’elle va faire si elle si Québec lui dit non. Elle vous répondra probablement qu’elle va continuer à se battre. Elle ne va certainement pas dire qu’elle va se mettre à genou…

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