Les belles histoires des pays d’en haut (version 2010)
Apparemment certaines personnes se croient encore au 19e siècle. Norm Czepiela, un citoyen de la municipalité de Ripon, a décidé de protester contre la hausse de 95 % de son évaluation foncière en payant un versement de son compte de taxes municipales avec 213 625 « cennes noires ». Ce qui rappelle étrangement un épisode de Les belles histoires des pays d’en haut, qu’on peut visionner sur TOU.TV. Dans cet épisode, Cléophas décide de rembourser un prêt de 100 $ à Séraphin en sous noirs pour protester contre un taux d’intérêt trop élevé. Sauf que cette série se déroule autour de l’an 1890. Cent vingt ans plus tard, ça fait assez « colon ».
La municipalité peut évidemment refusé un tel paiement. En vertu de l’article 8 de la Loi sur la monnaie (une loi fédérale), les pièces de un cent ont un pouvoir libératoire jusqu’à concurrence de 25¢. La municipalité refuse le paiement sur cette base. Norm Czepiela prétend plutôt que c’est plutôt le Code civil qui doit s’appliquer et que celui-ci « donne le droit de payer n’importe quelle dette avec n’importe quel argent qui a cours légal » (source : Journal de Montréal).
Le premier alinéa de l’article 1564 du Code civil du Québec mentionne que
Le débiteur d’une somme d’argent est libéré par la remise au créancier de la somme nominale prévue, en monnaie ayant cours légal lors du paiement.
Or, c’est la Loi sur la monnaie qui détermine quelle monnaie à cours légal. Les dispositions sur le pouvoir libératoire de la monnaie de la loi fédérale ne sont aucunement incompatible avec le Code civil.
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Notons aussi dans cette histoire que le citoyen en question s’en prend au mauvais palier de gouvernance municipale pour protester. Le rôle d’évaluation foncière est la responsabilité de la MRC et non de la ville. Chaque ville doit respecter le système de fiscalité municipale imposé par la province, dans lequel on taxe selon la valeur de la propriété (soi-disant richesse) au lieu de taxer selon les services rendus (utilisateur-payeur).
En attendant une réforme de la fiscalité municipale, Norm devra allez ramasser ses cennes. Viande à chien que Séraphin serait content!

