Archive for the 'Élections' Category

L’odieux des élections

by Steve | 3 septembre 2009 | Régime parlementaire, Élections

Quel parti portera l’odieux des élections fédérales? La question devrait être posée au pluriel et il est très facile d’y répondre. Bien que chaque parti veuille jeter le blâme sur les autres, il s’agit d’une question factuelle et mathématique. Voici la composition actuelle de la Chambre des communes :

Gouvernement (143)

Conservateur (143)

Opposition (161)

Libéral (77)
Bloc Québécois (48)
NPD (36)

Indépendent (1)
Vacants (3)

TOTAL (308)

Si le gouvernement tombe sur une motion de non-confiance, les trois partis d’opposition seront à blâmer. Mathématiquement, les votes des trois partis d’opposition seront nécessaires pour défaire le gouvernement.

Si le gouvernement tombe sur une motion de confiance, l’explication précédente tient toujours. Mais les conservateurs porteront aussi l’odieux de l’élection, car elle aura été déclenchée suite au dépôt de leur motion.

Une autre élection fédérale cet automne aurait pour effet de déconsidérer grandement la Chambre des commune. Je ne suis pas préoccupé par le coût des élections et par l’impact sur l’économie. Le problème est que les politiciens fédéraux sont sur le qui-vive électoral depuis 5 ans et qu’une autre élection n’y mettra pas fin (à moins qu’un parti n’obtienne la majorité des sièges, ce qui est peu probable).

Personnellement, je crois que le Conseil de la fédération devrait intervenir dans ce débat. Une objection de la part des premiers ministres provinciaux pourrait ralentir les ardeurs électorales des politiciens fédéraux. Les provinces devraient proposer une modification constitutionnelle pour instaurer de vraies élections à date fixe, question de forcer les politiciens fédéraux à se prononcer sur la question.

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Parlement fédéral

by Steve | 19 juin 2009 | Fédéralisme, Régime parlementaire, Élections

Entendu lors du panel de fin de saison de At Issue hier soir, à CBC (vidéo ici) :

Most under-reported political event of the season?

Chantal Hébert: The way the federal Parliament is becoming irrelevant to major issues versus the provinces and how Gordon Campbell, we were talking about that, is coming up with, you know, trying to kick start the EI debate on some other notion than « your fault, my fault ». Jean Charest pushing free-trade with Europe and making deals over manpower training with European countries. And all of this speaks to a growing vacuum, how they’re getting together to try to get a carbon exchange, carbon tax in BC. All of this time, what they do in Ottawa? Mystery.

Andrew Coyne: Well, I’ll second that and I’ll add there’s a structural element to this that I think we really ought to be talking about. We’re now going to be in our, what, our 4th election in 5 years if we have one this fall. We are stuck in these perpetual minority governments, and minority governments of the least fruitful kind, particularly the Bloc’s presence is not terribly helpful. Sooner or later, [...] that we are trying to run five-party politics through a system that was designed for two. It is no accident that they behave this way, because the whole incentive structure of our system is inimical to minority governments, so they perpetually have there hands on the button, trying to [...] the trigger of the election if they get a two-point swing in the polls. This system is broken. And at some point, you know, they tried it in BC, they didn’t manage to get it through, but at some point this issue is going to come to ahead, and it may come to ahead federally. We all thought it would happen provincially. But it is at the federal level in many ways that our present electoral system is being the most damaged.

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Élections à date fixe

by Steve | 9 mai 2009 | Monarchie, Régime parlementaire, Élections

Lu sur le Blogue de Joanne Marcotte :

Mais je ne pouvais m’empêcher de faire le parallèle avec nos chroniqueurs et analystes politiques qui ne cessent de nous servir des prévisions d’élections probables. Comment ne pas s’exaspérer de la 100e entrevue de ‘Les coulisses du pouvoir’ qui porte sur la date probable de la prochaine élection? Ne confondent-ils pas stratégie politique et politique publique? Au moins en anglais, il y a 2 mots différents pour exprimer la différence : ‘politics’ et ‘policy’. On n’a pas ce luxe là, en français.

Si nous avions de vraies élections à date fixe, nous n’aurions pas ce problème. Mais n’y a-t-il pas une loi sur les élections à date fixe au fédéral? Voici un paragraphe de la Loi modifiant la Loi électorale du Canada (C-16) :

56.1 (1) Le présent article n’a pas pour effet de porter atteinte aux pouvoirs du gouverneur général, notamment celui de dissoudre le Parlement lorsqu’il le juge opportun.

Stephen Harper a peut-être violé l’esprit de sa loi en déclenchant des élections l’automne dernier, mais il n’a certainement pas commis un geste illégal. C’est ce qui arrive quand on est gouverné par des peureux constitutionnels… car pour porter atteinte aux pouvoirs du gouverneur général, il faudrait modifier la Constitution!

Voici ce que je propose dans ma page intitulée Réforme constitutionnelle proposée :

Élections à date fixe aux deux ans, alternant entre élections fédérales et provinciales (la Chambre des communes et les Assemblées législatives ne pourraient plus être dissoutes à la demande des premier ministres ou par non-confiance à l’endroit du gouvernement)

Mais que ferait-on si le gouvernement perdait un vote de confiance? C’est pourtant très simple. Dans un régime parlementaire, on élit un Parlement et non un gouvernement. Le gouvernement (exécutif) est issu du Parlement (législatif). Donc, si un gouvernement perdait la confiance de la chambre, la chambre devrait voter pour un nouveau gouvernement (un parti ou une coalition). C’est aussi ce qu’on devrait faire après chaque élection. On a pas besoin d’un régime présidentiel pour avoir de vraies élections à date fixe.

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Québec 2008 : Pancartes électorales à Montréal

by Steve | 18 novembre 2008 | Montréal, Élections

Je marchais sur la rue Jean-Talon Est à Montréal hier et je regardais les pancartes électorales. Du côté nord de la rue, dans la circonscription de Laurier-Dorion, il n’y avait que des pancartes pour l’actuel député libéral et Québec solidaire. Du côté sud de la rue, dans la circonscription de Gouin, il n’y avait que des pancartes pour l’actuel député péquiste et Québec solidaire. L’issue du vote est tellement certaine dans ces deux circonscriptions que seul le vainqueur probable parmi les trois principaux partis prend la peine de mettre des pancartes. Sur l’île de Montréal, seule la circonscription de Crémazie est en jeu. Le reste est coulé dans le béton.

On ne doit donc pas être surpris que les principaux partis politiques ne s’attardent pas à Montréal. Les seules promesses électorales qui ont été faites pour Montréal sont soit pour des projets déjà prévus, soit pour des projets qui concernent les banlieues. Pendant ce temps, les annonces pleuvent à Québec et dans les régions, là où des sièges sont en jeu.

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Bloc Montréalais

by Steve | 6 novembre 2008 | Montréal, Villes, Élections

Bloc Montréalais

C’est le Jour 2 de la campagne électorale au Québec. Pendant cette campagne, les trois principaux partis politiques ne parleront pas de Montréal. La campagne électorale se déroulera presque uniquement dans les régions, et ce, pour deux raisons : les régions sont surreprésentées à l’Assemblée nationale et les circonscriptions ne changent presque jamais de couleur sur l’île de Montréal.

Ce blogue propose de donner un statut constitutionnel aux régions métropolitaines de recensement (RMR). Dans le cas de Montréal, la RMR a une population d’environ 3.6 millions de personnes et elle s’étend de Saint-Jérôme à Chambly et de Saint-Zotique à Lavaltrie (voir la carte). Cela peut sembler être une mégafusion municipale, mais il s’agit plutôt d’un plan d’autonomie régionale. Les RMR pourraient se subdiviser en villes et en arrondissements à leur choix, l’avantage étant que le gouvernement provincial ne pourrait plus imposer de structures. Les RMR seraient autonomes, elles décideraient des règles de la fiscalité municipale et pourraient déléguer des pouvoirs aux villes et arrondissements. Les domaines de compétence des RMR devraient être détaillés dans la Constitution du Canada. Les grandes villes ne seraient plus des « créatures » des provinces.

En attendant une réforme donnant plus d’autonomie aux villes, on devrait au moins exiger que les partis politiques parlent de Montréal pendant la campagne électorale provinciale. Des fois, je me dis qu’on aurait besoin d’un Bloc Montréalais, un parti politique pour défendre les intérêts de Montréal à Québec. Les trois principaux partis politiques n’ont rien à offrir à Montréal, ils sont trop occupés à se disputer des votes en région.

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