Réformer nos institutions
Étant donné le climat politique actuel au Québec, de nombreux citoyens souhaitent voir la création d’un nouveau parti politique provincial. Mais même dans le meilleur des scénarios, où ce parti prendrait le pouvoir et ferait la « ré-ingénierie de l’État » tant désirée, on risque de se retrouver dans le même genre de problèmes à long terme si on se limite à « faire le ménage ». Il ne suffit pas de jouer le jeu politique actuel afin de changer d’équipe au pouvoir. Aussi difficile cette tâche peut sembler, il faudrait aller encore plus loin et réformer nos institutions.
Toutes les allégations et soupçons touchant la classe politique provinciale et municipale actuellement remontent au même problème : le financement des partis politiques. Qu’est-ce qui serait le plus efficace afin d’éliminer les retours d’ascenseurs? Empêcher les ascenseurs de redescendre ou les empêcher de monter? Plus on remonte à la source du problème, plus on risque d’être efficace. Peut-être qu’on devrait considérer un financement publique. Évidemment, ce financement ne pourrait se limiter à être attribué en fonction des votes, car ceci empêcherait la création de nouveaux partis. On pourrait envisager d’implanter un système où les citoyens ayant droit de vote pourrait s’enregistrer auprès d’un parti afin qu’il reçoive du financement.
Le plus important dans le choix d’un nouveau système de financement est qu’il soit réaliste. Yves Boisvert signait une chronique assez intéressante à ce sujet lors de la dernière campagne municipale. Il faut que les règles de financement soient réalistes, sinon il y aura inévitablement contournement de la loi.
La rémunération des politiciens
Il faudrait aussi revoir la rémunération des politiciens (voir à ce sujet cet article publié dans La Presse hier : Lucien Bouchard et Mario Dumont: on n’a pas le droit d’être cynique!). Un simple député au Québec reçoit une indemnité annuelle de base de 85 388 $ (au 1er avril 2009), plus une allocation annuelle de dépense de 15 181 $ (depuis le 1er janvier 2010) et une allocation de déplacement variant entre 7 300 $ et 18 400 $ (dépendamment de la circonscription). À cela s’ajoute le remboursement des frais de déplacement entre sa circonscription et l’Assemblée nationale et le remboursement des frais de logement à Québec (plus de détails ici).
À titre de comparaison, un simple député fédéral reçoit une indemnité de base de 157 731 $ (plus de détails ici). Notons qu’une allocation de dépenses non imposable a été intégrée aux salaires des députés fédéraux en 2001.
Un juge de la Cour du Québec (nomination provinciale) gagnait 220 731 $ au 1er juillet 2007, alors qu’un juge municipal à Montréal gagne 191 507 $ (voir le Rapport du comité de rémunération des juges, dont les recommandations ont été adoptés par l’Assemblée nationale). La rémunération des juges est établie par une commission indépendante (requis depuis un arrêt de la Cour suprême en 1997), contrairement à la rémunération des députés qui est établie par une loi votée par les députés eux-mêmes (quoi qu’ils puissent demander l’opinion d’un comité indépendant). Bien qu’on puisse avoir l’impression que les députés peuvent ainsi facilement se voter des augmentations de salaire, l’opinion publique les mènent plutôt à la retenue. Jusqu’au point où le dernier budget provincial prévoit un gel des salaires des députés, des ministres et du Premier ministre (geste purement symbolique). Pendant ce temps le Premier ministre, avec un salaire de base de 175 045 $, est tellement mal payé que sont parti lui verse un salaire annuel de 75 000 $ depuis 10 ans.
De l’autre côté, les députés provinciaux qui quittent ont droit à une « allocation de transition », même s’ils prennent leur retraite (alors qu’au fédéral il faut plutôt choisir entre les deux). Voir cet article de Vincent Marrissal : Allocations de transition pour… retraités. De quoi inciter nos députés provinciaux à prendre leur retraite plus tôt.


