Archive for the 'Régime parlementaire' Category

Le Sénat : Quelques points à considérer

par Steve | 25 janvier 2010 | Régime parlementaire

Retour rapide sur le Sénat…

Quelques points à considérer:

  • L’idée de limiter le mandat des Sénateurs à 8 ans, s’ils demeurent nommés par le premier ministre, ne tient pas 2 secondes. Un premier ministre avec deux mandats majoritaires consécutifs pourrait renommer le Sénat au complet.
  • L’idée d’avoir un nombre de Sénateurs par province proportionnel à la population, s’ils sont élus, ne tient pas non plus. Une telle chambre haute serait inutile et ne serait qu’une copie de la Chambre des communes.
  • Pourquoi ne pas réserver un certain nombre de sièges pour les francophones (par exemple, le tiers des sièges ou peut-être même la moité), incluant ceux hors Québec, au lieu de faire un décompte par province? On pourrait aussi réserver un certain nombre de sièges pour les premières nations. Ainsi, le Sénat pourrait représenter les deux peuples fondateurs et les premières nations.
  • Peu importe la réforme du Sénat proposée, elle devrait être adoptée par le Sénat (à moins qu’il ne se prononce pas pendant 180 jours et que la Chambre des communes adopte une nouvelle résolution dans le même sens). Si on décidait d’abolir le Sénat, on pourrait considérer inclure de généreuses allocations de départ pour « acheter » le vote des Sénateurs (il faut bien être réaliste!).

Pas de commentaire

Prorogation

par Steve | 9 janvier 2010 | Michael Ignatieff, Régime parlementaire, Stephen Harper

Ceux qui critiquent la décision du Premier Ministre Stephen Harper de proroger le Parlement passent à côté du problème fondamental. Cette décision n’est que la conséquence d’un problème constitutionnel, qui fait en sorte que le Premier Ministre ait le pouvoir de prendre une telle décision unilatéralement.

Michael Ignatieff peut bien être furieux, mais il n’a pas expliqué comment il utiliserait ce pouvoir s’il était Premier Ministre et aucun journaliste n’a eu l’intelligence de lui demander (Tim Powers: Answer me, Iggy, or I’ll start a Facebook fight). C’est pourtant une question cruciale dans ce débat. De mon côté, j’aimerais qu’un parti propose de mettre fin à un tel pouvoir. C’est facile de donner des leçons au Premier Ministre, mais pourquoi ferait-on confiance à Michael Ignatieff? Rappelons que Jean Chrétien a aussi prorogé le Parlement. Débattre des raisons de la prorogation est une perte de temps si on envisage même pas au minimum d’encadrer ce pouvoir.

Pour terminer, voici une comparaison de comment le Parlement est prorogé en Grande-Bretagne comparativement au Canada : Andrew Coyne: Mother of prorogations.

Prochain billet : Le Sénat

Pas de commentaire

Faire fonctionner le Parlement

par Steve | 26 septembre 2009 | Michael Ignatieff, Régime parlementaire, Stephen Harper

NANOS Research a fait un sondage dont les résultats sont assez révélateurs :

mpw_canada

mpw_ontario

mpw_quebec

Source : CPAC (In Conversation with Maclean’s – Our Democracy is Broken: How do we fix it?)

Michael Ignatieff devrait faire attention, car sa stratégie est dangereuse est n’est pas apprécié de tous :

Pas de commentaire

L’odieux des élections

par Steve | 3 septembre 2009 | Régime parlementaire, Élections

Quel parti portera l’odieux des élections fédérales? La question devrait être posée au pluriel et il est très facile d’y répondre. Bien que chaque parti veuille jeter le blâme sur les autres, il s’agit d’une question factuelle et mathématique. Voici la composition actuelle de la Chambre des communes :

Gouvernement (143)

Conservateur (143)

Opposition (161)

Libéral (77)
Bloc Québécois (48)
NPD (36)

Indépendent (1)
Vacants (3)

TOTAL (308)

Si le gouvernement tombe sur une motion de non-confiance, les trois partis d’opposition seront à blâmer. Mathématiquement, les votes des trois partis d’opposition seront nécessaires pour défaire le gouvernement.

Si le gouvernement tombe sur une motion de confiance, l’explication précédente tient toujours. Mais les conservateurs porteront aussi l’odieux de l’élection, car elle aura été déclenchée suite au dépôt de leur motion.

Une autre élection fédérale cet automne aurait pour effet de déconsidérer grandement la Chambre des commune. Je ne suis pas préoccupé par le coût des élections et par l’impact sur l’économie. Le problème est que les politiciens fédéraux sont sur le qui-vive électoral depuis 5 ans et qu’une autre élection n’y mettra pas fin (à moins qu’un parti n’obtienne la majorité des sièges, ce qui est peu probable).

Personnellement, je crois que le Conseil de la fédération devrait intervenir dans ce débat. Une objection de la part des premiers ministres provinciaux pourrait ralentir les ardeurs électorales des politiciens fédéraux. Les provinces devraient proposer une modification constitutionnelle pour instaurer de vraies élections à date fixe, question de forcer les politiciens fédéraux à se prononcer sur la question.

Pas de commentaire

Réforme du Sénat

par Steve | 1 septembre 2009 | Régime parlementaire

Lu sur Cyberpresse, dans un éditorial d’André Pratte au sujet du Sénat :

M. Harper a vainement tenté d’apporter des changements au mode de sélection et à la durée du mandat des sénateurs. Malheureusement il a voulu le faire à la pièce pour éviter d’ouvrir la boîte de Pandore constitutionnelle. On comprend sa crainte d’emprunter ce chemin de croix; mais il n’aura pas le choix. Le Sénat est une institution centrale du Parlement et de la fédération. Toute réforme ayant des impacts sur l’équilibre législatif et fédératif, elle doit être négociée avec les gouvernements provinciaux.

[...]

On parle de réformer le Sénat canadien depuis plus de 40 ans. Les tentatives précédentes ont souvent échoué parce qu’elles s’inscrivaient dans un exercice de révision de fond en comble de la Constitution. Le premier ministre Harper a l’occasion de lancer un processus de modernisation ne portant que sur les changements à apporter au Sénat. Les chances de réussir sont certes minces. Mais elles sont nulles si le gouvernement conservateur persiste dans sa manière simpliste et unilatérale.

Je n’ai pas écrit beaucoup au sujet du Sénat sur ce blogue, parce que je ne vois pas ça comme une priorité. Idéalement, j’aimerais que le Sénat soit aboli. Mais, soyons sérieux un instant… les sénateurs ne voteront pas pour abolir leurs postes! Ceci dit, je suis d’accord avec les deux paragraphes précités. Si Harper veut réformer le Sénat, qu’il arrête d’être un peureux constitutionnel et qu’il dépose un projet de modification constitutionnelle portant uniquement sur cette question.

Pas de commentaire

Le lieutenant-gouverneur

par Steve | 27 août 2009 | ADQ, Monarchie, Régime parlementaire

J’ai examiné le Cahier du participant pour le Congrès de la Commission des Jeunes (CDJ) de l’ADQ qui a eu lieu la fin de semaine dernière. Sur le plan constitutionnel, il contient la proposition suivante :

La commission des jeunes propose qu’un gouvernement adéquiste :

1. Fasse la promotion, au Québec comme ailleurs au Canada, de l’abolition de la monarchie;
2. Propose aux Québécois d’abolir le poste de lieutenant-gouverneur et de remplacer ce poste par celui de Président, élu au suffrage universel;
3. Propose que l’élection du Président du Québec, se tienne à date fixe, tous les quatre ans et que le premier mandat commence deux ans après la tenue des élections générales les plus récentes;
4. S’assure que ce Président du Québec prête serment au peuple québécois plutôt qu’à la Reine d’Angleterre et que tous les les députés élus dans le futur en fassent autant;
5. S’assure qu’en plus des anciennes fonctions du Lieutenant-gouverneur, il lui soit attribué certains pouvoirs exécutifs qui seront déterminés par un comité composé de membres de tous les partis politiques représentés à l’Assemblée nationale;
6. S’assure que ces pouvoirs soient enchâssés dans une future constitution du Québec.

J’ai déjà expliqué dans un billet précédent pourquoi nous ne devrions pas nous soucier de la Reine. En résumé, c’est une question symbolique et l’abolition de la monarchie ne réglerait aucun problème sérieux. De plus, ce type de modification constitutionnelle doit être adopté à l’unanimité. Beaucoup de travail pour pas grand chose.

Par contre, je supporterais un projet de modification constitutionnelle pour avoir de vraies élections à date fixe. D’ailleurs, j’aimerais bien qu’une province dépose un tel projet à son assemblée législative, question de forcer les autres à se prononcer. L’ADQ pourrait le faire même en étant dans l’opposition. Avec ce qui se passe au fédéral, je vois mal comment les autres partis pourraient se défendre d’être contre cette initiative.

Notons que la proposition de la CDJ ci-dessus a été renvoyée en commission politique (elle n’a pas été adoptée). Je n’étais pas présent, alors j’aimerais bien savoir ce qui s’est passé exactement. Si vous étiez là, vos commentaires à ce sujet seraient appréciés.

2 commentaires

Parlement fédéral

par Steve | 19 juin 2009 | Fédéralisme, Régime parlementaire, Élections

Entendu lors du panel de fin de saison de At Issue hier soir, à CBC (vidéo ici) :

Most under-reported political event of the season?

Chantal Hébert: The way the federal Parliament is becoming irrelevant to major issues versus the provinces and how Gordon Campbell, we were talking about that, is coming up with, you know, trying to kick start the EI debate on some other notion than « your fault, my fault ». Jean Charest pushing free-trade with Europe and making deals over manpower training with European countries. And all of this speaks to a growing vacuum, how they’re getting together to try to get a carbon exchange, carbon tax in BC. All of this time, what they do in Ottawa? Mystery.

Andrew Coyne: Well, I’ll second that and I’ll add there’s a structural element to this that I think we really ought to be talking about. We’re now going to be in our, what, our 4th election in 5 years if we have one this fall. We are stuck in these perpetual minority governments, and minority governments of the least fruitful kind, particularly the Bloc’s presence is not terribly helpful. Sooner or later, [...] that we are trying to run five-party politics through a system that was designed for two. It is no accident that they behave this way, because the whole incentive structure of our system is inimical to minority governments, so they perpetually have there hands on the button, trying to [...] the trigger of the election if they get a two-point swing in the polls. This system is broken. And at some point, you know, they tried it in BC, they didn’t manage to get it through, but at some point this issue is going to come to ahead, and it may come to ahead federally. We all thought it would happen provincially. But it is at the federal level in many ways that our present electoral system is being the most damaged.

Pas de commentaire

Élections à date fixe

par Steve | 9 mai 2009 | Monarchie, Régime parlementaire, Élections

Lu sur le Blogue de Joanne Marcotte :

Mais je ne pouvais m’empêcher de faire le parallèle avec nos chroniqueurs et analystes politiques qui ne cessent de nous servir des prévisions d’élections probables. Comment ne pas s’exaspérer de la 100e entrevue de ‘Les coulisses du pouvoir’ qui porte sur la date probable de la prochaine élection? Ne confondent-ils pas stratégie politique et politique publique? Au moins en anglais, il y a 2 mots différents pour exprimer la différence : ‘politics’ et ‘policy’. On n’a pas ce luxe là, en français.

Si nous avions de vraies élections à date fixe, nous n’aurions pas ce problème. Mais n’y a-t-il pas une loi sur les élections à date fixe au fédéral? Voici un paragraphe de la Loi modifiant la Loi électorale du Canada (C-16) :

56.1 (1) Le présent article n’a pas pour effet de porter atteinte aux pouvoirs du gouverneur général, notamment celui de dissoudre le Parlement lorsqu’il le juge opportun.

Stephen Harper a peut-être violé l’esprit de sa loi en déclenchant des élections l’automne dernier, mais il n’a certainement pas commis un geste illégal. C’est ce qui arrive quand on est gouverné par des peureux constitutionnels… car pour porter atteinte aux pouvoirs du gouverneur général, il faudrait modifier la Constitution!

Voici ce que je propose dans ma page intitulée Réforme constitutionnelle proposée :

Élections à date fixe aux deux ans, alternant entre élections fédérales et provinciales (la Chambre des communes et les Assemblées législatives ne pourraient plus être dissoutes à la demande des premier ministres ou par non-confiance à l’endroit du gouvernement)

Mais que ferait-on si le gouvernement perdait un vote de confiance? C’est pourtant très simple. Dans un régime parlementaire, on élit un Parlement et non un gouvernement. Le gouvernement (exécutif) est issu du Parlement (législatif). Donc, si un gouvernement perdait la confiance de la chambre, la chambre devrait voter pour un nouveau gouvernement (un parti ou une coalition). C’est aussi ce qu’on devrait faire après chaque élection. On a pas besoin d’un régime présidentiel pour avoir de vraies élections à date fixe.

Pas de commentaire

« Le Parlement est roi! »

par Steve | 29 janvier 2009 | Monarchie, Régime parlementaire

Des experts constitutionnels ont récemment signé une lettre expliquant la légalité d’un gouvernement de coalition (lire ici). De plus, le Centre d’études constitutionnelles de l’Université de l’Alberta a publié un document de travail évaluant la décision de la gouverneure générale de proroger le Parlement en décembre 2008 (lire ici, en anglais).

Pas de commentaire

Manifester pour les mauvaises raisons

par Steve | 9 décembre 2008 | Monarchie, Régime parlementaire

Samedi dernier, des manifestations POUR et CONTRE la coalition Libéral-NPD (coalition appuyée par le Bloc Québécois) ont eu lieu à travers le pays. Malheureusement, la plupart des manifestants ont manifesté par pure partisannerie politique.

« Rally for Canada »

Des partisans conservateurs ont organisé un « Rally for Canada » dans plusieurs villes canadiennes afin de dénoncer la « Separatissst Coalition ». Ces manifestations auraient pu être confondues avec la Fête du Canada : il y avait plein de drapeaux du Canada et les gens chantaient l’hymne national. Comme si une coalition supportée par le Bloc Québécois menaçait l’unité nationale. Beaucoup de Canadiens anglais sont déconnectés du Québec. La réalité est que le Bloc Québécois ne parle plus de souveraineté depuis des années. Ce n’est plus un parti souverainiste, c’est un parti DE souverainistes. Ils se font élire en se présentant comme les défenseurs des intérêts du Québec.

Le plus dérangeant, ce sont ceux qui ont dénoncé la coalition comme étant anti-démocratique. Certains ont même parlé de coup d’État de la part des partis d’opposition. Un coup d’État, c’est lorsqu’un groupe prend le pouvoir par la force. Il n’a jamais été question de prendre le pouvoir par la force. Nous avons un régime parlementaire au Canada. Dans un régime parlementaire, l’exécutif dépend du législatif et le gouvernement est responsable devant le Parlement. Nous ne votons pas pour un gouvernement au Canada, nous votons pour un Parlement. Nos élections sont législatives. Le gouvernement (l’exécutif) est issu du Parlement. Les députés de l’opposition ont été élus démocratiquement. Dans un Parlement où le parti au pouvoir est minoritaire, l’opposition à son mot à dire.

Manifestations syndicales

D’autre part, des centrales syndicales ont organisé des manifestations en appuis à la coalition. Ces manifestations avaient davantage l’air de manifestations syndicales qu’autre chose. Les centrales syndicales semblent avoir choisis d’appuyer la coalition parce qu’elles préfèrent les partis d’opposition au Parti Conservateur. Il est dommage que des gens aient pris position en fonction de leur allégeance politique au lieu de réellement se questionner sur notre régime parlementaire.

Prorogation du Parlement

On doit s’inquiéter du précédent créé la semaine dernière lorsque la gouverneure générale a accepté, à la demande du premier ministre, de proroger le Parlement. Il est inquiétant qu’un premier ministre ferme le Parlement afin d’éviter de perdre la confiance de la Chambre. La prorogation a mis fin à la crise constitutionnelle pour l’instant, mais ce n’est que partie remise. Il faudra bien un jour régler nos problèmes constitutionnels, on ne pourra pas indéfiniment se mettre la tête dans le sable. Malheureusement, personne n’a manifesté pour une réforme constitutionnelle samedi dernier, les manifestants étaient trop occupés à appuyer leur parti politique.

Pas de commentaire

Articles plus anciens »