Réformes constitutionnelles proposées
English translation below
Je ne crois pas aux grands projets de réforme constitutionnelle comme l’Accord du Lac Meech et l’Accord de Charlottetown. Premièrement, parce qu’il suffit qu’il y ait un élément (ou l’absence d’un élément) avec lequel un(e) politicien(ne) soit en désaccord pour qu’il ou elle vote contre le projet. Deuxièmement, parce qu’on s’empêche ainsi d’utiliser la procédure normale de modification (fédéral + 2/3 des provinces représentant 50 % de la population) pour les éléments qui ne requiert pas un consentement unanime (fédéral + toutes les provinces).
Je ne crois pas non plus que de tenir des référendums sur ces questions soit utile ou souhaitable. La procédure de modification de la Constitution du Canada ne requiert pas de référendum et elle est suffisamment contraignante. On peut se questionner sur la constitutionnalité de certaines lois provinciales qui exigent la tenue d’un référendum avant l’adoption d’une résolution pour modifier la Constitution du Canada. Les députés sont élus pour prendre ce genre de décision. Depuis 1992, l’obsession référendaire empêche toute évolution significative de la Constitution du Canada.
L’échec de Meech
Elijah Harper, un député autochtone du Manitoba, a réussi a faire dérailler l’Accord du Lac Meech. Il n’avait rien contre les clauses insérées pour satisfaire le Québec. Son problème avec cet accord? L’absence de clauses sur les droits ancestraux des premières nations…
L’échec de Charlottetown
Suite à l’échec de Meech, l’Accord de Charlottetown fut rédigée comme une liste d’épicerie tentant de faire plaisir à tout le monde. Or, quand on tente de plaire à tous, on ne plaît à personne. L’Accord de Charlottetown fut soumis à un référendum et devait être approuvé par une majorité d’électeurs dans chaque province. Au début de la campagne référendaire, l’accord était populaire à travers le pays. Mais à mesure que la campagne avançait, beaucoup électeurs trouvaient un élément avec lequel ils étaient en désaccord et décidaient de voter non. L’accord fut rejeté par le Québec, la Nouvelle-Écosse et les quatre provinces de l’Ouest.
L’avenir constitutionnel
Il faut apprendre de ces échecs. L’avenir de l’évolution constitutionnelle au Canada repose plutôt sur l’introduction de plusieurs petits projets de modification constitutionnelle, sans la tenue de référendum. Ainsi, l’impossibilité d’adopter de grandes réformes laisserait place à une évolution progressive et constante de la Constitution du Canada. Il y aurait évidemment des échecs, mais aussi des réussites. De plus, de tels échecs seraient moins dommageables pour l’unité canadienne.
Voici donc quelques éléments que j’aimerais retrouver dans de futures modifications constitutionnelles :
- Abolition de la péréquation et des transferts fédéraux
- Autonomie financière du gouvernement fédéral, des provinces et des régions métropolitaines de recensement (RMR)
- Nouvelle division détaillée des pouvoirs législatifs (devra être négociée entre le gouvernement fédéral et les provinces, en considérant les demandes des municipalités à l’intérieur des RMR)
- Harmonisation des normes et du commerce interprovincial par le gouvernement fédéral (par règlements et directives, à la manière de l’Union européenne)
- Interdiction de cofinancer des projets entre paliers de gouvernements (un projet = un palier de gouvernement responsable)
- Recours devant les tribunaux en cas d’empiètement par un autre palier de gouvernement
- Statut constitutionnel pour les RMR (avec pouvoirs détaillés définis dans la Constitution)
- Gestion des municipalités et régions hors RMR laissée aux provinces
- Dépenses fiscales (crédits d’impôt, déductions, prestations fiscales, etc.) limitées aux domaines de compétence du palier de gouvernement
- Fédéralisme asymétrique : les revenus requis pour financer les programmes fédéraux qui ne s’appliquent pas à toutes les provinces devraient être prélevés des contribuables des provinces participantes seulement (ces programmes devraient être définis dans la Constitution et une procédure de modification constitutionnelle devrait être prévue)
- Élections à date fixe aux deux ans, alternant entre élections fédérales et provinciales (la Chambre des communes et les Assemblées législatives ne pourraient plus être dissoutes à la demande des premier ministres ou par non-confiance à l’endroit du gouvernement)
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I do not believe in big « package deals » of constitutional reforms like the Meech Lake Accord and the Charlottetown Accord. First, because it suffices that there is an element (or lack of one) with which a politician disagrees for him or her to vote against the project. Secondly, because we keep ourselves from using the general procedure for amending the Constitution of Canada (federal + 2/3 of the provinces representing 50% of the population) for elements that do not require unanimous consent (federal + all provinces).
I do not believe that holding referendums on these issues is either useful or desirable. The procedure for amending the Constitution of Canada does not require any referendum and it is sufficiently restrictive. One can question the constitutionality of some provincial laws that require the holding of a referendum before adopting a resolution to amend the Constitution of Canada. MPs, MLAs and MNAs are elected to make these decisions. Since 1992, the referendum obsession prevented any significant evolution of the Constitution of Canada.
The Meech failure
Elijah Harper, an aboriginal MLA of Manitoba, has succeeded in derailing the Meech Lake Accord. He had nothing against the clauses to satisfy Quebec. His problem with this accord? The absence of provisions on the aboriginal rights of First Nations …
The Charlottetown failure
Following the Meech failure, the Charlottetown Accord was drafted as a shopping list trying to please everybody. But when you try to please everyone, it pleases no one. The Charlottetown Accord was submitted to a referendum and had to be approved by a majority of voters in each province. At the beginning of the referendum campaign, the accord was popular across the country. But as the campaign progressed, many voters found an item with which they disagreed and decided to vote no. The agreement was rejected by Quebec, Nova Scotia and the four western provinces.
The constitutional future
We must learn from these failures. The future of constitutional evolution in Canada relies on the introduction of several small constitutional amendment projects, without holding any referendum. Thus, the inability to adopt major reforms would leave room for a gradual and constant evolution of the Constitution of Canada. There would obviously be failures, but also successes. Moreover, such failures would be less damaging to Canadian unity.
Here are some elements that I would like to see in future constitutional amendments:
- Abolition of equalization and federal transfers
- Financial autonomy of the federal government, the provinces and the census metropolitan areas (CMA)
- New detailed division of legislative powers (will have to be negotiated between the federal government and the provinces, while considering requests made by municipalities within the CMA)
- Harmonization of standards and interprovincial trade by the federal government (by regulations and directives, in the style of the European Union)
- Prohibition of co-financing projects between different levels of government (one project = one level of government responsible)
- Right to challenge in court in cases of encroachment by another level of government
- Constitutional status for the CMA (with detailed powers defined in the Constitution)
- Management of municipalities and regions outside CMA left to the provinces
- Tax expenditures (tax credits, deductions, tax benefits, etc.) limited to areas of legislative jurisdiction of the level of government
- Asymmetric federalism: revenues required to fund federal programs that are not applicable to all provinces should be collected from taxpayers of participating provinces only (these programs should be defined in the Constitution and an amendment formula should be provided)
- Fixed election dates every two years, alternating between federal and provincial elections (the House of Commons and the Legislatives Assemblies couldn’t be dissolved at the request of the First Ministers or by no-confidence in the Government)